CALENDRIER KAMITE

C’est à Ta-kam « Terre noire » (Afrique Noire), à la fin de la période protohistorique archaïque (-195000 à -9000 è.v.), qu’ont été pensés les premiers concepts de temporalités.

Les premiers à avoir inventé l’écriture (medou-Neter ; hiéroglyphes pharaonique) sont les mêmes à avoir inventé le calendrier,  il s’agit des kamtiou peuple de la civilisation Sema Taoui.

Les kamtiou ont élaboré plusieurs calendriers (lunaire, solaire, sidéral, etc.) servant à déterminer le cycle des saisons, l’agriculture, le mouvement des astres et des jours de fêtes.

Les kamtiou utilisaient un calendrier sidéral, que l’on nomme le calendrier sothiaque (sirius).

Calendrier d’Abou (dit « Éléphantine ») daté de la XVIIIe dynastie. [Source © : RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski ; www.photo.rmn.fr]

Alpha Canis Majoris (α Canis Majoris/α CMa) ou Sirius A est une étoile située à 8.6 années-lumière de notre soleil. Elle est d’une masse 2 fois plus élevée que celle de notre Soleil et 23 fois plus lumineuse. Après notre Soleil c’est l’étoile la plus brillante dans notre ciel. Elle est une étoile binaire : Sirius A est sur la séquence principale, et son compagnon Sirius B est une naine blanche.

Les kamtiou appelaient cette étoile  spdt «sopdet» en medou-Neter. Chez le peuple Dogon Sirius A est appelée «Sigi tolo» et Sirius B «Po tolo».

L’origine du calendrier

Plusieurs dates sont avancées sur l’origine, le point zéro du calendrier sothiaque. Dans les faits, une tablette en ivoire Hr-Djr (image) datée de la 1ère dynastie (-3200 è.v. ; période impériale classique : -3200 à -661 è.v.) mentionne Sigi tolo ouvrant la nouvelle année (lever héliaque). Sur cet élément nous pouvons donc supposer que le calendrier sothiaque était déjà en usage à cette époque et qu’à partir d’un calcul basé sur les différentes dates des périodes sothiaques (voir annexe) successives mentionnées sur les artéfacts calendériques retrouvés, que sur une échelle de temps d’environ 4000 ans.

La date couramment avancée pour point de départ est l’an -4236 è.v., nous serions donc aujourd’hui en 2016 è.v., en l’an 6252 (4236+2016=6252).

Le premier jour de l’année

Les kamtiou utilisaient principalement deux calendriers, mise en parallèle (dates doubles). Le calendrier civil (dit vague ou mobile), de 365 jours (fixes), basé sur les fluctuations du fleuve Iterou (le Nil), plus particulièrement la crue annuelle, qui marquait le début de l’année, il était donc utilisé pour l’agriculture et divisé en 3 saisons, la 1ère Akhet (début de la crue, des inondations et des plantations), la 2ème Peret (décrue, saison fraiche de la germination), la 3ème Shemou (saison chaude et de la récolte). Le second calendrier était sidéral, de 365,25 jours, basé sur le lever héliaque de Sigi Tolo.

Le lever héliaque d’une étoile est son apparition à l’horizon Est dans l’aube naissante  aux alentours de 5h00 du matin.

Le calendrier civil était en décalage constant avec l’année réelle (365.2422 jours) et l’année sothiaque (365,25 jours), il était donc en décalage de 1/4 de jours par année, soit un retard de 1 jour tous les quatre ans.

Si tous les 365 jours, le calendrier civil recommençait son cycle, il fallait 1461 années, pour que le premier jour de l’année tombe à nouveau le même jour que le lever héliaque annuelle de Sigi Tolo.

A partir des documents archéologiques endogènes, les témoignages exogènes anciens et les études scientifiques récentes, nous avons pu déterminer que le premier jour de l’an du calendrier était le 3 août è.v. (ou le 21 juillet julien ; cf. PDF). Nous avons pu également déterminer que le lieu d’observation du lever héliaque de Sigi Tolo se faisait à la latitude de la ville de Men-Nefer (Memphis).

Dans le projet de « Réhabilitation du calendrier kamite » (partenariat entre l’association MERYU et KIYIKAAT Editions-Librairie), nous avons donc décidé de réhabilité ce calendrier ancestrale, basé sur le lever héliaque annuel de Sigi Tolo.

Description et fonctionnement de notre calendrier :

  • Il a donc pour repère astronomique l’étoile Sigi Tolo (Alpha Canis Majoris)  de la constellation du Grand Chien.
  • Il a pour latitude d’observation le plateaux de Gizeh, plus précisément à la hauteur du Sphinx. Gizeh se trouve à 18km de Men-Nefer (Memphis), et ce lieu est à une latitude quasiment équivalente.
  • Il compte 365 jours divisés ainsi :
    • 360 jours + 5 jours  épagomènes ; Avec une année de 366 jours les années bissextiles.
    • 12 mois de 30 jours, divisés en semaine de 10 jours.
    • Le jour de l’an étant le 3 août (cf. PDF) dans le calendrier vulgaire grégorien.
    • Pour les trois saisons (Akhet, Peret, Shemou), nous avons décidé de les laisser symboliquement pour le moment, même si nous savons que sur Ta-Kam, les saisons (sèches et humides) varient que l’on soit au dessus ou en dessous de l’Équateur, avec la Zone de Convergence InterTropicale.

Comme la majorité des calendriers luni-solaires, nous adoptons un calendrier de 365 jours, en ajoutant en moyenne tous les 4 ans (les années bissextiles) un 6ème jour épagomène, avant le jour de l’an, soit une année de 366 jours, afin de permettre à notre calendrier, au même titre que le calendrier grégorien, de rattraper le retard de ¼ de jour perdu sur 4 années et de retrouver Sigi Tolo à environ la même hauteur (°) au dessus de l’horizon Est.

Le langage web de programmation utilisé est  le PHP, celui-ci tournant sur un serveur HTTP Apache. Grâce au langage PHP, nous avons définit le fuseau horaire au Caire, afin que notre calendrier retourne les jours selon l’heure de la latitude du plateau de Gizeh. Nous avons élaboré des fonctions en PHP qui nous permettent d’afficher en medou-Neter pour chacun des jours, sa date, son mois, sa saison, ainsi qu’en parallèle sa correspondance dans le calendrier grégorien.

Conclusion

Notre initiative s’inscrit directement dans la dynamique de la Renaissance africaine énoncée par le Wsir Cheikh Anta DIOP et le rêve de voir l’établissement d’un État fédéral d’Afrique Noire.

Le souhait ici est de proposer un calendrier, dans un premier temps à vocation culturel, sur lequel puisse se reposer les kamites  de Ta-Kam  (Afrique Noire), ainsi que sa diaspora (par migration volontaire ou forcée), tous les kamito-descendants  à travers le monde reconnaissant leur ascendance historico-culturelle commune des civilisations kamites de la vallée du Nil.